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vendredi, décembre 26, 2025

Mon année culturelle 2025

Cette année, comme en 2024, j'ai lu quarante-cinq livres. J'aurais atteint mon objectif de cinquante livres si un projet d'écriture n'avait pas accaparé mon temps, mes pensées, de la mi-octobre jusqu'au début décembre. 

Donc, voici, par ordre chronologique, avec ou sans commentaire, les (re)lectures et (re)visionnements qui m'ont le plus marqué. 

Romans, récits

Les derniers grizzlys, de Rick Bass. Nature writing. Il faut aimer le genre. Ce qui est mon cas.

La Charrette, et L'Amélanchier, de Jacques Ferron.

La Clé à molette, Primo Levi. L'idée ne me serait jamais venue d'associer Levi à un outil. 

Monsieur Melville, de Victor-Lévy Beaulieu. Ma lecture de l'année. Un essai sur l'écrivain Herman Melville, une « lecture-fiction » de ses œuvres, dans laquelle Victor-Lévy Beaulieu cherche à saisir le personnage Melville de l'intérieur, se tenant au plus près de lui, jusqu'entre les lignes, tel un « médium », « pour lui arracher ses vérités ». Un essai « total » à travers lequel le biographe-lecteur, nommé Abel Beauchemin, alter ego de Beaulieu, cherche tout autant à se saisir lui-même, lui qui multiplie les marques d'identification à Melville, réunit son univers fictionnel d'écrivain au sien, sa Mattavinie imaginaire à Arrowhead où vécut l'auteur de Moby Dick de 1850 à 1863. Ainsi enfermé dans sa lecture, se voulant hors d'atteinte, Abel peut exprimer sa « sensibilité », ses tourments, ses échecs symptomatiques... Un grand voyage au cœur de l'œuvre melvillienne, au terme duquel Abel pourra entreprendre le récit familial de la « Grande Tribu » des Beauchemin. On mesurera mieux la réussite de Beaulieu si on compare Monsieur Melville au décevant La Part de l'océan, de Dominique Fortier. Le premier fait de Melville un modèle de réussite, alors que la seconde ne cache pas que la lecture de Moby Dick lui a été pénible. De plus, rebutée par l'univers mental de son auteur, trop sexiste, elle invente parallèlement une histoire compensatoire, incohérente, puérilement revancharde. Fait étonnant : Beaulieu accorde une place importante à la soeur de Melville, Augusta ; Fortier, pas un mot.

Bartleby le scribe, de Herman Melville. « I would rather not to ». Inoubliable.

L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, de Miguel de Cervantes. Voulant lire le second tome – trente ans plus tard ! –  j'ai repris depuis le début.

Kolkhoze, puis L'adversaire, d'Emmanuel Carrère. Kolkhoze constitue une bonne introduction à l'œuvre d'Emmanuel Carrère. On y retrouve ses thèmes de prédilection (vérité, mensonge, réalité, secret, angoisse) qui sont aussi, pour la plupart, les miens ; on comprend pourquoi l'écriture au je y est si importante, tout comme le pacte de vérité. Je ne partage nullement l'opinion de l'ami Jodoin qui voit dans Kolkhoze un récit qui « traîne en longueur »...

« Un récit traversé par la rencontre de multiples figures illustres. Trop visibles. Majuscules. Ça nombarde et pavanomme à foison. »

Pour ma part, j'ai trouvé cette lecture très stimulantes ; comme Laferrière, Carrère éveille ma curiosité, me donne le goût de lire, me transmet une énergie intellectuelle qui éloigne de la complaisance narcissique, ouvre au monde extérieur. 

Sur le plan formel, l'œuvre est très réussie. Un art de raconter, par petites touches, par de courtes anecdotes, chacune faisant l'objet d'une section, pour un total de 222 sections. Une structure narrative basée sur la répétition de motifs divers : trois sections intitulées « Kolkhoze » ; quatre sections « Hôtel Ukraine » ; six occurrences de ce très significatif « clin d’œil curieux de l’Histoire à un couple du XXe siècle… » ; six occurrences du « coffret de bois » contenant une carte postale d’Hélène, etc. Ces répétitions laissent l’impression d’un récit qui revient sur ses pas, comme pour suggérer un temps circulaire qui s’opposerait au temps linéaire menant à la mort. Mais plus le récit s'achemine vers la fin, plus les sections sont courtes, le temps ralentit, et la mort approche, jusqu'à l'ultime moment, saisi au plus près : « On court, on se place tous les trois autour du lit, Marina à sa gauche, Nathalie et moi à sa droite. Anne a cru qu’elle ne respirait plus, mais elle respire encore une fois. Une seconde, après une très longue pause. La pause suivante dure. Nous sommes suspendus à son souffle, priant pour que ça ne reparte pas. Ça n’est pas reparti. Elle était morte. Samedi 5 août, 17 h 15, nous trois autour d’elle ». Il ne reste alors plus qu'un chapitre de trois sections, dont la dernière, magnifique, nous laisse avec le père, dans son ascension vers la borne de signalisation romaine ; un explicit tout en ouverture, qui nous rappelle que c'est le père qui porte la « dimension verticale de la vie », la mémoire, une certaine vérité. Le père et, à sa suite, le fils.

Essais

Le Monde d'hier, de Stefan Zweig.

L'Heure des prédateurs, de Giuliano Da Empoli. Mon essai de l'année. 

C'était au temps des mammouths laineux, de Serge Bouchard. 

Amerigo, de Stefan Zweig.

Je suis vivant et vous êtes mort, d'Emmanuel Carrère. Une excellente biographie de Philip K. Dick.

BD

Chroniques birmanes, de G. Delisle.

Persepolis 1, 2, 3 et 4, de Marjane Satrapi. Ma BD de l'année.

Films

Une Langue universelle, de Matthew Rankin. Winnipeg, une ville iranienne. Un film déjanté, truffé de références à Abbas Kiarostami. Mon film de l'année.

Où est la maison de mon ami, puis Et la vie continue, d'Abbas Kiarostami. Le film de Rankin m'a donné l'envie de revoir les deux premiers volets de ce que la critique a appelé la Trilogie de Koker.

Voici l'ensemble de mes (re)lectures et (re)visionnements de l'année, avec les liens pour plus d'information :

Janvier : Veiller sur elle (J.-B. Andrea) (Rn) (7), Si une nuit d'hiver un voyageur (I. Calvino) (Rn) (19), La Végétarienne (H. Kang) (Rn) (25), Chroniques birmanes (G. Delisle) (BD) (28) ; février : La Vallée des rubis (J. Kessel) (Rn) (2), Les Corrections (J. Franzen) (Rn) (17), Des bibliothèques pleines de fantômes (J. Bonnet) (E) (22) ; mars : Le Monde d'hier (S. Zweig) (Rn) (8), Mondes nouveaux (S. Zweig) (E) (10), Price (S. Tesich) (Rn) (19), Devenir fasciste (M. Fortier) (E) (26), Les Têtes réduites (J.-F. Nadeau) (E) (30) ; avril : Les Derniers grizzlys (R. Bass) (Rt) (6), Le Gang de la clef à molette (E. Abbey) (Rn) (21), Persepolis (M. Satrapi) (BD) (30) ; mai : Une Langue universelle (M. Rankin) (F) (5), Persepolis 2 (M. Satrapi) (BD) (5), Persepolis 3 (M. Satrapi) (BD) (8), Persepolis 4 (M. Satrapi) (BD) (10), Du trop de réalité (A. Le Brun) (E) (15), La Charrette (J. Ferron) (Rn) (16), Où est la maison de mon ami (A. Kiarostami) (F) (r), L'Amélanchier (J. Ferron) (Rn) (C) (r) (20), Et la vie continue (A. Kiarostami) (F) (r), Au travers des oliviers (A. Kiarostami) (F) (r) (27), La Chaise du maréchal ferrant (J. Ferron) (C) (27), L'Heure des prédateurs (G. da Empoli) (E) (30) ; juin : Le Cas Trump (A. Roy) (E) (1), La Clé à molette (P. Lévi) (Rn) (7), Inconnu à cette adresse (K. Taylor) (RÉ) (8), Sang et or (J. Panahi) (F) (8), Hors jeu (J. Panahi) (F) (9), Monsieur Melville 1. Dans les aveilles de Moby Dick (V. L. Beaulieu) (RB) (19), Monsieur Melvillle 2. Lorsque souffle Moby Dick (V. L. Beaulieu) (RB), Monsieur Melvillle 3. L'après Moby Dick et la souveraine poésie (V. L. Beaulieu) (RB) (29) ; juillet : La Part de l'océan (D. Fortier) (Rn) (7), Géographies de la solitude (J. Mills) (D) (9), Bartleby, le scribe (H. Melville) (N) (11), Le Voyageur et la tour (A. Manguel) (E) )16), L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche 1 (M. de Cervantès) (Rn) (r) (29) ; août : L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche 2 (M. de Cervantès) (Rn) (11), Ils étaient l'Amérique (S. Bouchard) (E) (14), Spleen en Corrèze (D. Tillinac) (Rn) (16), C'était au temps des mammouths laineux (S. Bouchard) (E) (29), Samouraï (F. Caro) (Rn) (31) ; septembre : Amerigo (S. Zweig) (E) (4), Kolkhoze (E. Carrère) (RB) (11), Okurimono (L. Lévesque) (D) (12), La Moustache (E. Carrère) (Rn) (16), La Classe de neige (E. Carrère) (Rn) (18), Je suis vivant et vous êtes mort (E. Carrère) (B) (30) ; octobre : L'adversaire (E. Carrère) (Rt) (15), Un Certain art de vivre (D. Laferrière) (20) ; novembre : L'Oreille absolue (A. Desarthe) (Rn) (17) ; décembre : Yannick (Q. Dupieux) (F) (7), La Maison vide (L. Mauvigner) (Rn) (14)


Légende : Les chiffres entre parenthèses indiquent la date de fin de lecture ou de visionnement ; B : Biographie ; BD : bande dessinée ; BL : beau livre ; C : conte ; CP : conte philosophique ; CT : courts textes ; D : documentaire ; E : essai ; EA : essai autobiographique ; F : film ; FA : film d'animation ; J : journal ; L : lettres ; N : nouvelles ; Pe : poésie ; Pr : polar ; r : relecture ou revisionnement ; RA : récit ou roman autobiographique ; RB : récit biographique ; 
RÉ : Roman épistolaire ; Rt : récit ; Rn : roman ; RP : roman philosophique ;  RS : récit de soi 


jeudi, décembre 26, 2024

Mon année culturelle 2024

Cette année, j'ai un peu moins lu ; 45 livres. Passage à vide cet automne, qui est pourtant ma saison préférée.

Donc, voici, par ordre chronologique, avec ou sans commentaire, les lectures (et visionnements) qui m'ont le plus marqué.

Romans

Un Lac le matin, de Louis Hamelin. Deuxième volet d'une trilogie. Hamelin y poursuit sa réflexion sur le rapport entre nature et culture, sur la « prédation » de cette civilisation qui a pris son essor aux États-Unis au XIXe siècle et à laquelle nul.le n'échappe, pas même un David Henry Thoreau, pourtant esprit indépendant et sensible à la nature. Un roman biographique qui nous renvoie, sans complaisance mais aussi sans moralisme, à nos propres comportements. Mon roman de l'année.

L'Enfant mascara, de Simon Boulerice.

La Québécoite, de Régine Robin.

Montedidio, d'Erri De Luca. 

L'Invention de la solitude, de Paul Auster.

Clara lit Proust, de Stéphane Carlier. Un petit roman comme je les aime. Un sens de l’observation, du détail signifiant. Une écriture précise, qui va à l’essentiel. Des personnages crédibles, vivants, très différents les uns des autres, mais tout de même ouverts. Et puis, il y a Clara, son émancipation par la lecture de Proust, sa mélancolie devant la fuite du temps (« rien ne dure », « toute vie s’oublie et son souvenir s’efface aussi facilement qu’un dessin sur une vitre embuée »). Et puis encore, c’est un livre qui donne le goût de lire des livres. Pas comme chez Laferrière, pas un tourbillon d’énergie qui vous emporte, non, plutôt une infusion lente. Une infusion de thé, avec une petite madeleine.

Le Zéro et l'infini, d'Arthur Koestler.  

Ça va aller, de Catherine Mavrikakis.

Houris, de Kamel Daoud.

Essais 

Pour les faits, de Géraldine Muhlmann. Qu'est-ce qu'un fait ? Muhlmann propose une réponse qui a été une découverte pour moi. Un « fait est d’abord quelque chose de sensible » (provoquant un « choc sensible »), une « matière » de part sa « force objective » (Arendt), matière qui s'expérimente par le corps directement, « en situation », et peut ensuite être partagée à travers un « récit » (Genette). Ce partage, cette transmission du choc sensible, ne peut avoir lieu sans une confiance en l'« impartialité » (opposée au « point de vue zéro » de l'objectivité) du témoin (un·e journaliste), confiance qui elle-même repose sur le socle d'un « monde commun ». À lire et relire.

Le Bug humain, de Sébastien Bohler. Un essai de neurologie absolument passionnant. Si nous sommes en passe de détruire l'environnement naturel auquel est liée notre survie, c'est parce que nos comportements obéissent à un maître intraitable, logé au cœur de notre cerveau : le striatum. Celui-ci a été chargé par l'évolution d'exécuter ce qui est inscrit au « programme officiel de la survie – manger, copuler, explorer, conquérir, dominer ». Chaque fois que notre cortex connaît du succès dans ces cinq champs d'activité, il reçoit de la dopamine et du plaisir. Le striatum nous confine dans le moment présent, dans la recherche de plaisirs rapides, au dépens de la planification à long terme. Le cortex peut s'opposer aux injonctions du striatum au « moyen de connexions à longue distance qui forment une gaine nerveuse appelée faisceau frontostriatal ». Plus l'éducation de l'enfant favorise le développement du faisceau frontostriatal, plus l'enfant sera en mesure de se maîtriser, et de privilégier un plaisir différé si celui-ci apparaît plus avantageux. 

Les Déchirures, d'Alex Gagnon.

Les Yeux de Maurice Richard. Une histoire culturelle, de Benoît Melançon. Ce que j'aime de cet essai, c'est qu'il réconcilie amour de la lecture et amour du hockey. Un ouvrage sérieux, qui recense un nombre invraisemblable de documents de tous types, et que je résumerais ainsi : de quoi Maurice Richard est-il le nom ? À mettre entre toutes les mains. Et, tant qu'à y être, pourquoi ne pas lire aussi Langue de puck, un abécédaire du hockey très complet, qui m'a procuré cette joie étrange, nouvelle pour moi, de retrouver dans une activité intellectuelle des termes « vécus » dans l'effusion d'un match de hockey à la télé.

BD

La Vie secrète des arbres, de Peter Wohlleben, Fred Bernard, illustré par Benjamin Flao. Après avoir lu cette bédé, vous ne regarderez plus les arbres, la forêt, de la même manière. Lecture que devrait être inscrite au programme d'enseignement au secondaire.

Documentaire

La Bataille de Saint-Léonard, de Félix Rose. La bataille pour le statut du français, d'abord à Saint-Léonard, puis au Québec, a duré de 1968 jusqu'à 1979, année où à été voté la Loi 101. On y découvre un remarquable oublié : Raymond Lemieux.

Rosa Bonheur, dame nature, de Gregory Monro. Inadmissible que cette peintre, qui vendit plus de tableaux que quiconque au XIXe siècle, soit tombée dans l'oubli.

Films

The Zone of Interest, de Jonathan Glazer. Comment côtoyer l'abîme, et s'en porter très bien. Glaçant. Un film sur la puissance du déni. Le lien avec notre époque est assez évident.

Perfect Days, de Wim Wenders. Tout ce que j'attends de la vie, tout ce qui me nourrit intellectuellement, spirituellement, se trouve là, dans ce film magnifique.

Voici l'ensemble de mes lectures (et visionnements) de l'année, avec les liens pour plus d'information :

Janvier : Quand tu écouteras cette chanson (L. Lafon) (RA) (4), Ceci n'est pas un fait divers (P. Besson)(Rn) (8), Ce que je sais de toi (É. Chacour) (Rn) (13), Les Étoiles s'éteignent à l'aube (R. Wagames) (Rn) (21), Borealis (K. McMahon) (D) (27), Un Lac le matin (L. Hamelin) (Rt) (30) ; février : Pour les faits (G. Muhlmann) (E) (9), Les Déclinistes (A. Roy) (E) (13), Le Déni ou la fabrique de l'aveuglement (S. Tisseron) (19), Le Bug humain (S. Bohler) (E) (23),  L'Enfant mascara (S. Boulerice) (Rn) (29) ; mars : Paysage aux néons (S. Boulerice) (Rn) (3), Traverser Montréal (S. Simon) (E) (23) ; avril : La Québécoite (R. Robin) (Rn) (4), Les Yeux de Mona (T. Schlesser) (Rn) (7) ; Langue de puck (B. Melançon) (E) (8), La Partie et le tout (92% de lu) (W. Heisenberg) (M) (15), The Zone of Interest (J. Glazer, 2023) (F) (19), Io capitano (M. Garrone, 2023) (F) (24), L'Immense fatigue des pierres (R. Robin) (N) (27), Le Poids du papillon (E. De Luca) (Rn) (28) ; mai : Montedidio (E. De Luca) (Rn) (3), Chronique d'hiver (P. Auster) (RA) (7), Excursions dans la zone intérieure (P. Auster) (RA) (15), Cocaine Bear (F) (18) ; juin : 4 3 2 1 (P. Auster) (Rn) (3), Baumgartner (P. Auster) (Rn) (8) ; juillet : L'Invention de la solitude (P. Auster) (E) (10), Les Aventures de Pinocchio (C. Collodi) (C) (14), Clara lit Proust (S. Carlier) (Rn) (16), Trois chevaux (E. De Luca) (Rn) (19), Le Zéro et l'infini (A. Koestler) (Rn) (28), Proust au gym (A. Lacroix) (Rn) (30) ; août : Le Roman d'Isoline (D. Turgeon) (Rn) (4), Rue Duplessis (J.-P. Pleau) (RS) (15), Monsieur Ripley (P. Highsmith) (Pr) (24), La Vie secrète des arbres (F. Bernard, B. Flao, P. Wohlleben) (BD) (27), Perfect Days (W. Wenders) (F) (30) ; septembre : Les Déchirures (A. Gagnon) (E) (12), Rue Saint-Urbain (M. Richler) (Rn) (28) ; octobre : Les Barbares (A. Baricco) (E) (8), Le Match (K. Dryden) (E) (21) (90% lu), Amiante (S. Dulude (Rn) (31) ; novembre : Ça va aller (C. Mavrikakis) (Rn) (6), Les Yeux de Maurice Richard (B. Melançon) (E) (12), Sur les routes (C. Mavrikakis) (RV) (18), La Bataille de Saint-Léonard (F. Rose) (D) (26) ; décembre : Houris (K. Daoud) (Rn) (10) ; Terrasses (L. Gaude) (Rt), Rosa Bonheur, dame nature (G. Monro) (14) (D), (12), Le Fantôme qui voulait exister (F. Blais, I. Boudreau) (BD) (15), La Vie heureuse (D. Foenkinos) (Rn) (16), Triste tigre (N. Sinno) (EA) (26)

Légende : Les chiffres entre parenthèses indiquent la date de fin de lecture ou de visionnement ; B : Biographie ; BD : bande dessinée ; BL : beau livre ; C : conte ; CP : conte philosophique ; CT : courts textes ; D : documentaire ; E : essai ; EA : essai autobiographique ; F : film ; FA : film d'animation ; J : journal ; L : lettres ; N : nouvelles ; Pe : poésie ; Pr : polar ; r : relecture ou revisionnement ; RA : récit ou roman autobiographique ; RB : récit biographique ; Rt : récit ; Rn : roman ; RP : roman philosophique ;  RS : récit de soi ; T : pièce de théâtre.

mardi, décembre 26, 2023

Mon année culturelle 2023

Quand je considère les essais lus cette année, je me rends compte que plusieurs d'entre eux nous invitent à réinvestir la réalité. Alors que le monde bascule dans le déni, le délire, cet appel me semble plus que salutaire.

Tout a commencé en janvier, avec l'excellent Géographies du pays proche, où Pierre Nepveu nous convie à une « éthique de la proximité », qui consiste à s'ouvrir au monde autour de soi, que nous soyons à la ville ou à la campagne, à porter sur nos réalités proches un regard neuf, curieux, déshabitué, sensible à l'étrangeté qui ne manque pas alors d'apparaître. Bref, nous dit-il, ayons « l'œil américain ». L'expression n'est pas de lui ; il cite le titre d'un ouvrage de Pierre Morency qui a été un pur bonheur de lecture ! Morency, poète et ornithologue, nous parle, à sa manière unique, d'oiseaux, de mammifères, de plantes, c'est-à-dire de ce monde naturel dont nous faisons partie, quoi que nous en pensions. Quelques jours auparavant, les Confessions animales, de Serge Bouchard, avaient donné le ton, dans cet essai où notre anthropologue national donne la parole à l'ours, au chevreuil, au huard, et tant d'autres animaux qui peuplent notre histoire, notre imaginaire. Du grand Bouchard ! Un livre que chaque foyer québécois devrait avoir, tout comme L'Œil américain, bien en vue sur une étagère, à côté du Petit Robert. À l'automne, je suis revenu à Morency, après avoir (enfin !) trouvé sur le Web Lumière des oiseaux, dont j'avais lu – il y a une trentaine d'année ! – une critique mémorable de Réginald Martel. Puis, pour conclure l'année, ce fut le remarquable Têtes de linotte, du biologiste Louis Lefebvre ; un ouvrage de vulgarisation absolument passionnant, où l'auteur nous révèle par mille exemples l'intelligence des oiseaux, leur étonnante capacité d'innovation, comparable, pour certaines espèces, à celle des primates.

Je tiens aussi à souligner, parmi les essais lus, Baldwin, Styron et moi, de Mélikah Abdelmoumen, et Le XIXe siècle américain, de Mylène Desautels, où celle-ci se penche sur quelques grandes figures de l'histoire des États-Unis. Ces deux ouvrages ont en commun une certaine sensibilité de gauche, ainsi qu'un regard toujours soucieux de faire valoir la complexité des choses, un regard ouvert, prudent, honnête, tourné vers la réalité.

Côté fiction, la mort de Philippe Sollers, puis de Louis Gauthier et Hubert Reeves, ont influencé mes lectures. Sollers, considéré comme un écrivain de droite, n'a pas la meilleure réputation en France. Une vie divine m'a pourtant séduit, qui mêle une lecture de l'œuvre nietzschéenne au récit personnel d'un alter ego de l'auteur, sur un ton léger, vivant, rythmé par les assonances, les allitérations ; un roman qui se lit avec les oreilles, pour le plaisir, qui réconcilie, ouvre à la vie, un roman « de l'esprit qui toujours dit oui ».

La période fin janvier, début février, a été particulièrement heureuse ; coup sur coup, quatre excellents romans : La Décision, de Karine Tuil (phrases assenées, comme écrites sous une tension constante, justesse et précision des observations psychologiques, vraisemblance des situations), Mille secrets, mille dangers, roman autobiographique d'Alain Farah, Que notre joie demeure, qui a valu le Médicis à Kevin Lambert, et l'étonnant Mélasse de fantaisie, de Francis Ouellette.

Voici l'ensemble de mes lectures (et visionnements) de l'année :

Janvier : Confessions animales (S. Bouchard) (E) (5), Géographie du pays proche (P. Nepveu) (E) (9), L'Œil américain (P. Morency) (E) (16), L'Œil du maître. Figures de l'imaginaire colonial québécois (D. Giroux) (E) (21), La Jeune fille à la tresse (F. de Luca) (Rn) (24), La Décision (K. Tuil) (Rn) (28) ; février : Mille secrets, mille dangers (A. Farah) (RA) (5), Que notre joie demeure (K. Lambert) (Rn) (12), Mélasse de fantaisie (F. Ouellette) (Rn) (18), Mangeclous (A. Cohen) (Rn) (26) ; mars : L'Écriture ou la vie (J. Semprun) (A) (6), Parlons travail (P. Roth) (E) (13), Histoire d'une vie (A. Appelfeld) (RA) (18), Des jours d'une stupéfiante clarté (A. Appelfeld) (Rn) (22) ; avril : Lire et détruire (E. et J. Coen) (F) (1), La Génération lyrique (F. Ricard) (E) (8), Lost in translation (S. Coppola) (F) (9), Pour en finir avec la question juive (L'être ou l'être pas) (J.-C. Grumberg) (T) (11), Matière à contredire (É. Klein) (E) (14), En salle (C. Baglin) (Rn) (17), Mes amis (E. Bove) (Rn) (28) ; mai : Morel (M. Raymond Bock) (Rn) (6), Les Larmes de saint Laurent (D. Fortier) (Rn) (16), Une Vie divine (P. Sollers) (Rn) (31) ; juin : Des mots sans-culottes (H. Walter) (E) (6), Vies minuscules (P. Michon) (R) (15), Paludes (A. Gide) (Rn) (20), Médium (P. Sollers) (Rn) (25), Centre (P. Sollers) (Rn) ; juillet : Voyage au Portugal avec un Allemand (L. Gauthier) (Rn) (r) (4), Les Grands légumes célestes vous parlent (L. Gauthier) (Rn) (r) (8), Tous nos corps (G. Gospodínov) (CT) (12), Le Roitelet (J.-F. Beauchemin) (Rn) (16), The Fabelmans (S. Spielberg) (F) (19), L'Homme sans passé (A. Kaurismäki) (F) (21), Candide (Voltaire) (CP) (r) (23), Jacques le Fataliste et son maître (Diderot) (RP) (29) ; août : Le Nageur (P. Assouline) (B) (15), Le Garçon qui voulait dormir (A. Appelfeld) (Rn) (22), Un Homme qui dort (G. Perec) (Rn) (r) (26) ; septembre : Salut Galarneau ! (J. Godbout) (Rn) (r) (1), Le XIXe siècle américain. De la déportation des Autochtones à la guerre civile (Desautels, Mylène) (E) (4), Baldwin, Styron et moi (M. Abdelmoumen) (E) (7), L'Échiquier (J.-P. Toussaint) (RA) (21), Le Joueur d'échecs (S. Sweig) (En) (23), Lettres à un jeune poète et autres lettres (R. M. Rilke) (L) (28) ; octobre : Lumière des oiseaux (P. Morency) (Rt) (17), Je n'aurai pas le temps (H. Reeves) (A) (25) ; novembre : L'Avenir d'une illusion (S. Freud) (E) (2)), L'Inquiétante étrangeté (S. Freud) (E) (8), Synapses (S. Brousseau) (CT) (12), Encabanée (G. Filteau-Chiba) (R) (14), Tête de linotte ? (L. Lefebvre) (E) (25) ; décembre : Chaque Blessure est une promesse (S. Brousseau) (RA) (8), Le Salon (O. Lalo) (Rn) (14), Le Petit Chose (A. Daudet) (Rn) (26).

Légende : Les chiffres entre parenthèses indiquent la date de fin de lecture ou de visionnement ; B : Biographie ; BD : bande dessinée ; BL : beau livre ; CP : conte philosophique ; CT : courts textes ; D : documentaire ; E : essai ; F : film ; FA : film d'animation ; J : journal ; L : lettres ; N : nouvelles ; P : poésie ; r : relecture ou revisionnement ; RA : récit ou roman autobiographique ; RB : récit biographique ; Rt : récit ; Rn : roman ; RP : roman philosophique ;  RS : récit de soi ; T : pièce de théâtre.


lundi, décembre 26, 2022

Mon année culturelle 2022

Depuis une dizaine d'années, j'ai vécu de grandes rencontres : Jacques Le Goff, Olivier Roy, Annie Ernaux, Éric Vuillard, Clément Rosset, Étienne Klein... Et cette année, Carlo Rovelli. Comme Klein, Rovelli est physicien, et excellent vulgarisateur. Son Helgoland est mon essai de l'année. L'auteur y présente une interprétation dite relationnelle de la physique quantique, selon laquelle « les propriétés de chaque entité ne sont rien d’autre que la façon dont celle-ci affecte d’autres entités ». Il en émerge une conception radicalement différente du réel, de la réalité. J'y reviendrai prochainement.

J'ai également lu avec le plus grand intérêt L'Impossible dialogue, du sociologue des sciences Yves Gingras. Celui-ci, fidèle à sa manière cassante, documentée, factuelle, remet à l'heure les pendules de ceux qui croient que science et religion (spiritualité) peuvent dialoguer entre elles, que leurs discours seraient « complémentaires », de « niveaux » différents, mais convergents. Un livre pour moi absolument jouissif. Comme Rovelli, Gingras critique au passage certaines niaiseries quantiques circulant dans la mouvance du mouvement New Age. À lire ! 

Mon troisième essai a été un succès mondial, mais j'ai préféré le lire sous forme de BD : Sapiens, de Yuval Noah Harari. J'ai pu enfin avoir une vision globale des déplacements migratoires d'homo sapiens depuis la révolution cognitive il y a 70 000 ans, et leurs conséquences. Le bilan a de quoi nous faire réfléchir : trois vagues d'extinctions d'espèces...

Autre sujet d'actualité : la gentrification de Montréal. Dans un essai très éclairant, Gentriville, M. Sterlin et A. Trussart montrent que ce phénomène, qui affecte plusieurs quartiers de Montréal, obéit à une dynamique complexe. Amorçée par les étudiants et les artistes à la recherche de logements abordables, la gentrification est également accélérée par la Ville, via ses politiques de « revitalisation » des quartiers, par une « culture de propriétaire » où l'habitation est d'abord vue comme un investissement (ex. : la pratique du flip), par Airbnb,  par de jeunes professionnels qui décident, après leurs études, de s'installer à Montréal... Les quartiers gentrifiés se reconnaissent en ce qu'ils deviennent des bastions de Québec Solidaire.

L'année littéraire 2022 a été marqué par deux événements qui m'ont réjoui : la publication post mortem de deux romans inédits de Louis-Ferdinand Céline, Guerre et Londres, et le prix Nobel décerné à Annie Ernaux. Il se trouve que j'ai, moi aussi, célébré ces deux grandes figures, en lisant plusieurs de leurs oeuvres, auxquelles j'ai consacré deux textes, ici et ici. Pour autant, je m'en voudrais de ne pas mentionner le dernier Éric Vuillard, Une Sortie honorable, excellent, et qui m'a amené à jeter les bases d'une typologie morale de ses personnages.

Enfin, côté BD, outre Sapiens, je souligne Chroniques de jeunesse, de Guy Delisle, toujours excellent, et Une Longue canicule, d'Anne Villeneuve, qui m'a beaucoup ému.

Voici l'ensemble de mes lectures (et visionnements) de l'année :

Janvier : Helgoland (E) (C. Rovelli) (5), Le Train des enfants (V. Ardone) (Rn) (6), À train perdu (J. Saucier) (Rn) (14), Une Sortie honorable (E. Vuillard) (Rt) (17), Au revoir là-haut (P. Lemaître) (Rn) (27) ; février : Sapiens. Tome 1 (Y. N. Harari, D. Vandermeulen, D. Casanave) (BD) (1), Chroniques de jeunesse (G. Delisle) (BD) (6), Le Goût du vrai (E. Klein) (E) (9), Il était sept fois la révolution (E. Klein) (E) (r) (16), Shenzhen (G. Delisle) (BD) (19), Betty (T. McDaniel) (Rn) (27) ; mars : Émilie ne sera plus jamais cueillie par l'anémone (M. Garneau) (T) (3), Le Sourire de la petite juive (A. Farhoud) (Rn) (9), Fake news, l'info qui ne tourne pas rond (D. Bui, L. Plée) (BD) (11), Le Roman (M. Raimond) (E) (22), Le Bonheur a la queue glissante (A. Farhoud) (Rn) (28) ; avril : Adieu, Babylone (N. Kattan) (Rn) (6), L’Impossible dialogue (Y. Gingras) (E) (12), Reconnaître le fascisme (U. Eco) (E) (21), Là où je me terre (C. Dawson) (Rn) (25), Pétrole (F. Archambault) (T) (30) ; mai : Gentriville (M. Sterlin, A. Trussart)(E) (10), Le Sel de la terre (S. Archibald) (E) (11), Document 1 (F. Blais) (Rn) (17), Impromptu (C. Mavrikakis) (Rn) (22), Les Armoires vides (A. Ernaux) (Rn) (24), Ce qu’ils disent ou rien (A. Ernaux) (Rn) (28) ; juin : Lumières aveugles (B. Labatut) (E) (1), Blizzard (M. Vingtras) (Rn) (5), La Femme gelée (A. Ernaux) (Rn) (10), Guerre (Rn) (14), La Place (A. Ernaux) (RS) (r) (20), Une Femme (A. Ernaux) (RB) (24), Un An (J. Echenoz) (Rn) (26) ; juillet : Passion simple (A. Ernaux) (RS) (4), Ghost Dog (F) (7), Last Days (F) (8), Je ne suis pas sortie de ma nuit (A. Ernaux) (J) (9), L’Écriture comme un couteau (A. Ernaux) (E) (15), L’Autre fille (A. Ernaux) (RS) (20), D’un château l’autre (L.-F. Céline) (Rn) (24) ; août : Nord (L.-F. Céline) (Rn) (14), Le Chien de Dieu (J. Dufaux, J. Terpant) (BD) (18), Rigodon (L.-F. Céline) (Rn) (24) ; septembre : Céline (H. Godard) (B) (7), Les années super-8 (Annie Ernaux) (D) (13), Entretien avec le professeur Y (L.-F. Céline) (E) (13), Céline et l'actualité littéraire (1932-1957) (L-F. Céline) (17), À travers Céline, la littérature (H. Godard) (E) (22), Bébert, le chat de Louis-Ferdinand Céline (F. Vitoux) (E) (28), Une longue canicule (A. Villeneuve) (BD) (28) ; octobre : Le Sous-majordome (P. deWitt) (Rn) (7), Chroniques du Léopard (Appollo, Téhem) (BD) (17), Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres (B. Diouf) (E) (27) ; novembre : L'Année du singe (P. Smith) (RS) (4), Vivre avec nos morts (D. Horvilleur) (E) (13), Les Lieux et la poussière (R. Peregalli) (E) (21), Football (J.-P. Toussaint) (E) (29) ; décembre : La Porte (M. M. Muller) (Rn) (1), Vivre vite (B. Giraud) (RS) (8), Les Fins heureuses (S. Brousseau) (N) (20), Pucks en stock (collectif) (E) (23), Sapiens. Tome 2 (Y. N. Harari, D. Vandermeulen, D. Casanave) (BD) (27), Mouron des champs (M.-H. Voyer) (P) (30)

Légende : Les chiffres entre parenthèses indiquent la date de fin de lecture ou de visionnement ; B : Biographie ; BD : bande dessinée ; BL : beau livre ; D : documentaire ; E : essai ; F : film ; FA : film d'animation ; J : journal ; N : nouvelles ; P : poésie ; r : relecture ou revisionnement ; Rt : récit ; RB : récit biographique ; Rn : roman ; RS : récit de soi ; T : pièce de théâtre.


jeudi, décembre 16, 2021

Mon année culturelle 2021

Mes lectures et visionnements de l'année, par ordre chronologique.

Cette année, Michel Rabagliati a été à l'honneur, ainsi que le peuple innu et les récits de soi. Cinq livres ont enrichi ma sensibilité en m'enseignant sur la mythologie innue, la culture traditionnelle innue, les aspects juridiques et politiques du rapport des Innus à leur territoire. Bizarrement, je n'ai pas lu Le Peuple rieur, qui est l'ouvrage le plus connu. Je ne mentionne pas non plus, dans la liste ci-dessous, trois recueils de poèmes de Joséphine Bacon, parce que je ne les ai pas lus avec toute l'attention nécessaire ; le décès de ma soeur, en mai, a chamboulé bien des choses. 

Légende : Les chiffres entre parenthèses indiquent la date de fin de lecture ou le visionnement ; BD : bande dessinée ; BL : beau livre ; D : documentaire ; E : essai ; F : film ; FA : film d'animation ; r : relecture ou revisionnement ; Rt : récit ; RA : récit autobiographique ; RB : récit biographique ; Rn : roman ; T : pièce de théâtre.

Janvier : 33 idées reçuessur la préhistoire (A. Balzeau) (E) (8), Huit leçons sur l'Afrique (A. Mabanckou) (E) (13), Lumières dePointe-Noire (A. Mabanckou) (RA) (21), La Disparition du paysage (Rn) (J.-P. Toussaint) (25), Vi (K. Thuy) (29), L’Urgence et lapatience (E) (J.-P. Toussaint) (31) ; février : Monsieur (J.-P. Toussaint) (Rn) (4), Visages Villages (F) (5), La Servante écarlate (M. Atwood) (Rn) (16), Le Plaisir du texte (E) (R. Barthes) (26), Le Palais de la fatigue (M. Delisle) (Rn) (28) ; mars : Paul à la campagne (P. Rabagliati) (BD) (1), Paul a un travail d’été  (P. Rabagliati) (BD) (6), Récits de Mathieu Mestokosho,chasseur innu (S. Bouchard) (7), Tokyo-Ga (D) (7), Paul en appartement (P. Rabagliati) (BD) (16), La Forêt vive (R. Savard) (E) (r) (20), J’ai perdu mon corps (FA) (20), Paul dans le métro (P. Rabagliati) (BD) (22), Chasseur au harpon (M. Patsauq) (Rn) (25) ; avril : Paul à la pêche (P. Rabagliati) (BD) (3), Le Rireprécolombien dans le Québec d’aujourd’hui (R. Savard) (E) (4), Paul à Québec (P. Rabagliati) (BD) (12), Les Innus etle territoire (J.-P. Lacasse) (E) (14), Les Coureurs des bois (G.-H. Germain) (24) (E) (BL), Nomadland (F) (30) ; mai : LeTerritoire dans les veines (J.-F. Létourneau) (E) (29) ; juin : L’Enclos de Wabush (T) (9), Le Chevalier inexistant (I. Calvino) (Rn) (9), Le Vicomte pourfendu (I. Calvino) (Rn) (13), Le Baron perché (I. Calvino) (Rn) (21), Petit traité sur le racisme (D. Laferrière) (E) (25), Le Consentement (V. Springora) (RA) (30) ; juillet : La Familia grande (C. Kouchner) (RA) (6), La Panthère des neiges (S. Tesson) (Rt) (14), Ma Loute (F) (18), En finir avec Eddy Bellegueule (E. Louis) (RA) (19), Soleil vert (F) (R) (20), Quo vadis, Aida ? (F) (21), La Honte (A. Ernaux) (RA) (r) (22), La Traversée de l'Afrique (E. Savitzkaya) (Rn) (26) ; août : Je suis un écrivain japonais (D. Laferrière) (Rn) (4), Les Pissenlits (Y. Kawabata) (Rn) (15), Temps libre (M. Leclerc) (BD) (18), Ténèbre (P. Kawczak) (Rn) (26) ; septembre : Premier sang (A. Nothomb) (RB) (6), Le Mythe de Sisyphe (A. Camus) (E) (12), L’Étranger (A. Camus) (Rn) (r) (16), Seul ou avec d’autres (D) (25) ; octobre : Mesdames et messieurs, M. Leonard Cohen (D) (2), Le Lièvre de Vatanen (A. Paasilinna) (Rn) (13), Une Écologie décoloniale (M. Ferdinand) (E) (22), Un Homme d’exception (25) (F), Les Villages de Dieu (E. Prophète) (Rn) (30) ; novembre : Frankenstein Junior (2) (F), Un Temps pour l'ivresse des chevaux (F) (4), L’Aventure ambiguë (C. H. Kane) (Rn) (8), Pour Sama (D) (18), La Plus secrète mémoire des hommes (M. M. Sarr) (Rn) (21), Les Grands espaces (C. Meurisse) (BD) (28) ; décembre : Jewish cock (K. Volckmer) (Rn) (3), Fuck America (E. Hilsenrath) (Rn) (6), Le poète russe préfère les grands nègres (E. Limonov) (Rn) (12), Nickel boys (C. Whitehead) (Rn) (22)