Rechercher dans ma chambre

Aucun message portant le libellé Blogue. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Blogue. Afficher tous les messages

mercredi, mai 31, 2006

Le mouvement slow

Comment m'est venue l'idée de ce pseudonyme : Lent Slow ?

C'est une excellente question, je vous félicite.

Cela ce passait au matin, je ne dormais plus que d'un sommeil très léger, rempli d'une profusion d'images, de scènes incohérentes. Dans la toute dernière de ces scènes, j'étais un chevalier en train de dérouler un papyrus. Tiens, tiens : il n'y a rien d'écrit sur ce papyrus. Je déroule encore, jusqu'à ce qu'apparaisse au bas ma signature : Lent Slow.

Je me suis alors réveillé, en riant. Remarquez ceci : les initiales de ce pseudonyme sont aussi celles de mon nom : LS.

C'est donc dire qu'au coeur de mon identité, il y aurait cette idée de la lenteur. Que faire ?

Or, quelques années plus tard, en décembre 2004, Le Devoir lançait une invitation à ses lecteurs :
« Il y a deux semaines, notre journaliste Fabien Deglise consacrait une série d'articles au mouvement slow -- du Slow Food aux cittaslow -- tel qu'il est vécu en Italie, là où il a vu le jour. Le mouvement faisant des petits, nous invitions, en éditorial, nos lecteurs à nous parler des ' lenteurs ' du Québec. Le regard est assez pessimiste, comme en témoigne cet aperçu des lettres reçues. »
Je voulus donc répondre sans délai à cette irrésistible invitation de mon journal. Apporter l'exemple optimiste d'une lenteur assumée. Montrer, par exemple, qu'il y a plein d'avenir dans le fait de prendre quarante minutes pour manger un demi-sandwich au jambon. Que manducation rime très bien avec éducation, que nourrir le corps procède de la même nécessité que nourrir l'esprit. Qu'il s'agit toujours, en définitive, de mordre dans la vie.

Surtout, je tenais à me positionner, sur l'échiquier mondial, comme un des précurseurs du mouvement slow. Je n'allais quand même pas avoir rêvé pour rien. Je songeai à créer une association, un club, une fondation, enfin une entité juridique qui porterait mon pseudonyme.

Avec mes vieilles pantoufles décousues, déchirées, je serais le chevalier d'une cause à ma mesure. Je lutterais contre l'abrutissement de la vitesse, contre sa mécanique qui écrase tout et contre son bruit qui plonge dans la laideur tous nos gestes de tranquillité.

Cette lettre au Devoir, que je n'ai pas encore terminée, serait bien sûr signée :

Lent Slow.

mercredi, février 02, 2005

Blogue et immortalité

Mes amis savent que j'aurais aimé écrire un roman. J'avais même un titre : Voyage autour de ma chambre. J'en étais très fier, jusqu'à ce que je découvre que c'est celui d'un roman de Xavier de Maistre. Imaginez, 1794 ! Deux siècles de retard !

Qu'à cela ne tienne.

Je réécris, de nuit, à l'abri des regards indiscrets, les trois pages de mon oeuvre inachevée, et inscris le titre : Expédition nocturne autour de ma chambre.

Stupeur ! Ce titre existe déjà ! Encore ce Xavier de Maistre. Fichtre ! La profondeur de mon inculture me donne le vertige. Seule consolation : le roman, cette fois, date de 1833. Mon retard n'était plus que de 182 ans.

Que faire maintenant ? Je suis handicapé, affaibli, et mon temps m'est compté. J'aimerais bien -- au même titre que mon devancier -- connaître l'immortalité, mais si possible, avant ma mort. Autrement, à quoi bon. À quoi bon l'immortalité si je ne puis en tirer la consolation dont mon existence médiocre a tant besoin.

C'est alors que l'idée du blogue m'est venue. Je n'ai pas grand mérite, le mot est sur toutes les lèvres. Quant à moi, il me paraît quelque peu risible, mais au point où j'en suis...

Me voici désormais sur le Web, dans ma Chambre d'écoute. Je sais, ce titre aussi existe déjà -- 1958, plus que 47 ans de retard ! Ce que je perds en originalité par contre, je le regagne en lecteurs potentiels. Des milliers de lecteurs, oui, oui, des milliers. Des internautes comme moi, ici, en Europe et ailleurs dans la francophonie.

Pourquoi pas ?

mercredi, décembre 29, 2004

La chambre d'écoute

La Chambre d'écoute. C'est le titre d'un tableau de Magritte. Je l'ai en poster dans ma chambre. On y voit une pomme immense devant une fenêtre. Immense, bien que claquemurée, presque coincée, parfaitement statique donc, et pourtant débordante d'une indéfinissable vitalité. Un cédérom remarquable, Le Mystère Magritte, pressent en cette pomme une « une vitalité dénuée de sentiments excessifs.

Il m'a semblé que ce tableau constituait une synthèse des divers sens que je cherchais à imprimer au présent blogue. La réclusion apparente de la pomme y est plutôt introspection, méditation en même temps qu'ouverture sur le monde. Un monde immense sur lequel on ne peut avoir qu'une perspective limitée, comme une fenêtre qui appelle au regard tout en circonscrivant le panorama offert.

Le fait que je sois handicapé, confiné le plus souvent au domicile, n'est pas étranger bien sûr au choix de La Chambre d'écoute comme métaphore d'un rapport au monde.