Rechercher dans ma chambre

lundi, avril 30, 2007

Suis allé dehors

Suis allé dehors jeudi. Pour la première fois de l’année. Le ciel était gris, des détritus jonchaient encore le sol, çà et là. Ketelie, dans son français approximatif que je n’ai jamais réussi à imiter, aggravé d’une articulation pâteuse, comme engourdie, m’a dit quelque chose que j’ai interprété comme :

Et pis, comment tu trouves ça ?

Sale et plutôt morne, Ket. Nous avons profité du fait que le trottoir était libre pour l’emprunter. Sans trop savoir ce que nous allions en faire.

Tiens, pourquoi ne pas en profiter pour aller déposer le « recyclage » dans les bacs ? L’idée tombait plutôt bien, Ket portait justement deux sacs remplis de matière soigneusement triée. Allons-y.

À mi-chemin, j’ai retrouvé, parmi les touffes d’herbe jaunie, le vieux cadenas rouillé, accroché au même poteau depuis des années.

Les bacs sont situés près du bloc A – pour Acacia – où habite ma soeur. Un abri fait d’une armature recouverte d’une toile les protège des intempéries. L’endroit n’en est pas moins crasseux, tout comme les bacs, que Ketelie n’osait toucher que du bout des doigts. Bizarrement tous vides. Où mettre le verre ? Où mettre le papier ? Un seul bac portait un pictogramme.

Tant pis.

Notre route s’est poursuivie jusqu’au IGA. Puis la pharmacie Nguyen. Puis le retour.

En ouvrant la porte de mon 3 ½, j’ai pensé au fait que, tout ce parcours inaugural, je l’avais effectué en pantoufles.

Il était 2 h 50. J’étais chez moi. De bonne humeur.

vendredi, avril 27, 2007

Mangeons moins de viande

Un blogueur dont j’ai oublié malheureusement le pseudo, demandait dans un récent billet ce qu’il pouvait bien faire pour aider à lutter contre l’extrême misère qui afflige des populations entières partout dans le monde. La veille, un reportage sur les passeurs illégaux en Somalie l'avait quelque peu secoué. Une horreur en effet. Je lui ai alors suggéré de faire un don, par exemple à Oxfam. Et aussi, peut-être par provocation, de manger moins de viande... Oui, oui. Le lien, pour être indirect, n’en est pas moins réel. Pourquoi tant de pauvres diables sont-ils si désespérés qu’ils n’hésitent pas à confier leur sort à des bandits violents qui les entassent comme du bétail, au risque de leur vie, sur des rafiots devant les mener au Yémen, de l’autre côté du golfe d’Aden ? Bien sûr, il y a 15 ans de guerre civile et de chaos. Mais aussi, le réchauffement climatique. Il y aura de plus en plus de phénomènes climatiques extrêmes, comme l’actuel sécheresse qui dévaste la corne de l’Afrique. On parle désormais de « réfugiés climatiques ». Or, selon le troisième rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC), dont le Devoir nous offrait un aperçu hier :

« Le cocktail de mesures nécessaires pour atteindre cet objectif [de réduction des gaz à effet de serre] comprend [...] une réduction radicale des émissions de méthane attribuables aux élevages de bétail et la mise au point de technologies susceptibles de réduire les émissions de GES dans tous les domaines de l'activité humaine, indiquent les 33 auteurs du rapport ». (1)

De même, sur le site de l’ONU, ceci :

« L'élevage accroît le stress sur les écosystèmes et contribue à l'aggravation des problèmes environnementaux au niveau mondial. A titre d'exemple, 10 à 20 % des pâturages sont dégradés principalement par le bétail alors que l'élevage contribue à hauteur de 9 % aux émissions de gaz carbonique et à hauteur de 37 % aux émissions de méthane. L'élevage, c'est aussi 8 % de la consommation mondiale d'eau. » (2)

37 % du méthane -- un GES 22 fois plus puissant que le CO2 -- émis dans l’atmosphère vient de l’élevage !

Eh bien, mangeons moins de viande.

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(1) Francoeur, Louis-Gilles. « Kyoto : la catastrophe économique n’aura pas lieu, affirme le GIEC ». Le Devoir [En ligne]. (Mercredi, 25 avril 2007) (Page consultée le 26 avril 2007)

(2) Centre de nouvelles ONU. « FAO : des réformes dans l’agriculture sont essentielles face à la dégradation des écosystèmes vitaux ». Centre de nouvelles ONU [En ligne]. (Mercredi, 25 avril 2007) (Page consultée le 26 avril 2007)

Scoliose

J’ai fait mention dans mon dernier billet de ma scoliose. Un chirurgien a bien tenté de me la corriger en 1982, en bricolant pendant huit heures, avec ses grosses pattes, une armature faite de trois tiges de titane. La chose a tenu jusqu’à il y a 10 ans. Je ne saurai jamais pourquoi : la colonne, aux vertèbres pourtant « soudées » avec une préparation de poudre d’os, et toujours soutenue par les tiges, la colonne a subi depuis 10 ans un lent mouvement de crispation, comme un papier qui se tord sous l’action des flammes. Ce mouvement indolore qui me tord et me donne de plus en plus un air cubiste, se terminera, selon tout apparence, avec mon existence. Le port d’un corset l’a ralenti simplement.

Alors imaginez mon sourire lorsque j'ai lu ce passage dans le Devoir :

« Jeanne d'Autriche, l'épouse de François Ier (1541-1587) de Médicis, grand-duc de Toscane, fut encore plus éprouvée. Fille de l'empereur Ferdinand Ier d'Autriche, Jeanne souffrait d'une multitude de malformations congénitales d'origine héréditaire. Peu favorisée par la nature, elle présentait un fort prognathisme, cette proéminence des mâchoires caractéristique des Habsbourg, une ossification excessive, appelée hyperostose, de la voûte crânienne, une malformation des couronnes dentaires, des scolioses marquées de la colonne vertébrale, une dislocation congénitale de la hanche ainsi qu'une difformité du bassin qui a rendu très difficiles ses multiples accouchements, provoquant sa mort à l'âge de 30 ans lors du dernier d'entre eux ». (1)

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(1) Gravel, Pauline. « Des macchabées pour détruire les mythes ». Le Devoir [En ligne] (Jeudi, 5 octobre 2006) (Page consultée le 23 avril)

samedi, avril 21, 2007

Banalités

Je n'ai pas d'opinion sur la récente tuerie en Virginie, sinon, comme je le disais à Oktobre, les banalités d'usage : la prolifération des armes, ouach ; la violence de la société américaine, ouach ; la détestable idéologie conservatrice, ouach ouach, etc. Au fond je m'en foutrais presque. Presque. Si ce n'était que j’exècre ces grandes messes d'adieu larmoyantes, dégoûtantes de pathos et d'hypocrisie bigote. Récupération politique.

Presque. Pendant ce temps, quelques centaines de pauvres types mouraient en Irak, déchiquetés par des explosions d’une violence inouïe, des morceaux de corps projetés à la ronde, un épais nuage de chairs sanguinolentes, de débris et de poussières s’élevant vers le ciel, obstruant la vue, semant la panique, bloquant tout action... Un carnage qui laisse sans voix.

Mais ça aussi, apparemment, c'est devenu une banalité.

Je me contenterai donc de cette phrase de Foglia, qui m'a fait du bien : « Tout est violent, ma foi. C'est pourquoi je ne me retiens pas de l'être un peu, cela me garde de le devenir beaucoup ». (1)

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(1) Foglia, Pierre. « Des psys par millions ». Cyberpresse.ca [En ligne]. (Jeudi, 19 avril 2007) (Page consultée le 20 avril 2007)

Pourquoi écrire ?

Une réflexion d’Alain Médam :

« Et moi, pourquoi écrire à ce propos [la guerre en Irak] ? Pour informer ? Mais on le sait déjà. Pour réfléchir ? Mais à quoi ? À l'absurdité de la guerre ? Tout a été dit, également. Si l'écriture garde un sens, ici, c'est qu'elle s’entend peut-être comme une prière. Non pas adressée à Dieu qui n'observe cela que de loin. Mais adressée aux hommes. Car ces enfants meurtris, blessés dans leur âme, seront des hommes, des femmes, un jour. Des mères. Des pères. Et ce jour-là, que feront-ils ? » (1)

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(1) Cornellier, Louis. « Essai - Le monde de Médam ». Le Devoir [En ligne] (Samedi 24 et dimanche 25 février 2007) (Page consultée le 18 avril 2007)

Cryogénie

Une de ces petites phrases amusantes :

« La cryogénie, c'est mon deuxième choix ! Mon premier, c'est de ne pas mourir. » (1)

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(1) Robitaille, Antoine. « La mort suspendue ». Le Devoir [En ligne]. (Mardi, 4 janvier 2005) (Page consultée le 18 avril 2007)

mardi, avril 03, 2007

« C’est fou ce qu’ils n’apprennent rien ! »

Mon petit commentaire sur la réforme « du programme d'études de l'école primaire et secondaire », (1) puisque c’est ainsi, paraît-il, qu’il faut l’appeler.

Il y a ceux qui sont pour. Ceux-là ont décidément bien du pain sur la planche. Car il y aussi ceux qui sont contre. Et ceux-là apparemment sont de plus en plus nombreux. De part et d’autres les arguments fusent et moi et la majorité silencieuse au milieu, moi, j’y père mon latin... et même mon français, tiens.

Je n’ai pas d’enfants bien sûr, mais ma soeur Loulou a sa petite Adéline qui est en deuxième année, et ce qu’elle me dit n’a rien de rassurant : « C’est fou ce qu’ils n’apprennent rien ! » Chaque soir, elle passe donc une heure avec sa fille pour lui apprendre ce que sa professeure, diplômée en « sciences de l’éducation », ne lui a pas appris pendant la journée. Il faut dire qu’en classe, le rythme d’apprentissage est déterminé par les élèves les plus faibles. Ce qui m’a le plus étonné, c’est que les élèves doués n’ont pas le droit de s’avancer dans leurs matières ; s’ils ont terminé leurs leçons, ils ne peuvent pas non plus, comme nous le faisions autrefois, aider leurs camarades. La diplômée en sciences de l’éducation leur dit tout bêtement de s’amuser en attendant. Alors ils comprennent que plus vite ils ont fini leurs leçons, plus vite ils peuvent s’amuser. Yeah ! C'est ainsi qu’ils finissent par bâcler les exercices dans leurs cahiers.

Faut-il s’étonner dès lors que, six ans après l’implantation de cette réforme, les résultats à l’épreuve obligatoire d’écriture en français soient jugés « inquiétants » (2)

Loulou a elle-même été victime, si j’ose dire, de ces gourous du ministère de l’Éducation qui, au tournant des années 1970, avait introduit au primaire la méthode dite « du sablier », une catastrophe dont le chef actuel du PQ, André Boisclair se plaignait encore récemment. (3)

Cela dit, il se peut que le problème se trouve bien en amont de cette réforme. Et si c'était la société qui avait changé ? J’en viens à cet extrait d’un éditorial de Josée Boileau :

« L'école, du primaire jusqu'à l'université, est prisonnière d'un double discours. D'une part, elle doit veiller à ce que les apprentissages soient maîtrisés ; d'autre part, nous ne tolérons pas l'échec. Que diraient les parents, les élus, les journalistes si une école constatait que le tiers des enfants de six ans qui la fréquentent ne sont pas de niveau, qu'ils reprendront donc le b-a ba le temps qu'il le faudra ? Ce serait le tollé. Et le système n'est pas conçu pour ça.

» On veut donc des résultats. Partout en Occident, les ministres de l'Éducation fixent des objectifs de réussite, toujours plus élevés, le ministère s'arrange pour qu'ils soient atteints, les médias s'indignent s'ils ne sont pas respectés, les parents prennent fait et cause pour leur enfant. Et tout le monde ferme les yeux sur la classe réelle, celle avec laquelle le prof doit se débrouiller.

» Peut-être que la démocratisation scolaire aurait dû s'accompagner de l'acceptation que seuls ceux qui le peuvent réussiront ». (4)

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(1) Cornellier, Louis. « Essais québécois - Un autre regard sur la réforme scolaire ». Le Devoir [En ligne]. (Samedi 10 et dimanche 11 mars 2007) (Page consultée le 1er avril 2007)

(2) Chouinard, Marie-Andrée. « Réforme scolaire : résultats décevants ». Le Devoir [En ligne]. (Mardi, 20 juin 2006) (Page consultée le 1er avril 2007)

(3) Robitaille, Antoine. « Boisclair, victime de la ‘ méthode du sablier ’ ». Le Devoir [En ligne]. (Lundi, 19 mars 2007) (Page consultée le 2 avril 2007)

(4) Boileau, Josée. « Grand mensonge ». Le Devoir [En ligne]. (Mardi, 5septembre 2006) (Page consultée le 1er avril 2007)

Lire aussi :

« Individualité infantilisée ». 21 janvier 2007